Présentation de la commune de Manhay
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Données socio-économiques.
La Commune de Manhay se situe au nord
de la Province de Luxembourg. Elle fait partie de l'Ardenne herbagère
ou du Nord - Est mais se trouve très proche de la bande calcaire dite
aussi "Calestienne" marquant la limite sud-est de la région
Fagne - Famenne.
L'entité communale de Manhay a été créée
en 1976 à la suite de la fusion de Dochamps, Grandmenil, Harre, Malempré,
Odeigne, Vaux-Chavanne et une partie de Bra.
Elle compte 3.184 habitants (01/01/2007),
répartis sur une superficie de 11 980 hectares ; la densité de population
est donc très faible : 26,5 habitants au km². Soixante pour-cent du territoire
est couvert par la forêt.
Le
secteur primaire (agriculture - sylviculture) occupe plus ou moins 30%
de la population active de la commune. Le secteur secondaire, faiblement
représenté (20%), est principalement constitué de P.M.E. travaillant dans
le secteur du bois, des pépinières et de la construction. Le secteur tertiaire
donne de l'emploi à 50% d'actifs dans la commune.
Géologie.
Manhay, commune ardennaise, se situe dans
le Massif schisteux-rhénan qui s'est constitué au cours du Cambrien et
de l'Ère primaire: les roches présentes appartiennent plus précisément
au Système du Dévonien Inférieur et au Système Cambrien.
Les phyllades, quartzophyllades et quartzites
du Système Cambrien s'observent d'une part à l'extrême nord-est de la
commune (Champ-de-Harre, Basse Monchenoule) et d'autre part, au centre
et au sud de l'entité où ils forment une structure ayant l'aspect d'une
main dont l'orientation générale suit un axe Sud/Ouest - Nord/Est. Ces
roches métamorphiques appartiennent au Massif de Stavelot.
De part et d'autre de cet ensemble se
trouvent les roches du Gedinien, constituées de psammites, de schistes,
de poudingues et d'arkoses.
Les roches du Siegenien et de l'Emsien
apparaissent à l'extrême ouest de la commune essentiellement dans la zone
occupée par les villages de Fays - Saint-Antoine Roche-à-Frêne - Deux-Rys.
Les principaux types de roches observés en ces lieux sont des grès, des
psammites, du Grauwacke, des quartzophyllades, des schistes et localement
des arkoses. Ces différents étages (et sous-étages) se disposent de nouveau
selon une orientation Sud/Ouest - Nord/Est.
Des
zones tourbeuses formées au cours du Quaternaire apparaissent au sud-est
d'Odeigne (principalement sur le plateau des Tailles).
Enfin, notons que la faille de Mormont
traverse le nord de l'entité (sud de Harre) selon un axe plus ou moins
ouest-est.
Pédologie.
Les sols sont de type limono-caillouteux
à charge variable; celle-ci dépend de la composition minéralogique des
roches du sous-sol. La profondeur est fonction de la pente et de l'importance
des dépôts limoneux du Quaternaire et des alluvions déposées par les rivières.
Le drainage est bon sur les sommets et
les hauts de versants (sauf au sud-est, là où se localisent les tourbières),
et assez mauvais dans les nombreux fonds de vallées.
Relief / hydrologie.
L'altitude de la commune de Manhay est
comprise entre 180m au Moulin des Roches-à-Frêne et 643m à proximité de
la Baraque de Fraiture, soit une amplitude de plus de 460m. La commune
de Manhay se situe sur le rebord nord-ouest du haut plateau ardennais.
Les principaux sommets ont une altitude comprise entre 385 m (sud-ouest
de Fays) et 640 m (au sud-est de la commune, lieu-dit : Bois du Fayi -
Odeigne, contre la Baraque de Fraiture). Cette position particulière sur
un vaste plateau et la présence de nappes phréatiques superficielles donnent
naissance à de nombreuses sources, certaines minérales reconnues pour
leurs qualités thérapeutiques (Harre). Dès lors, de nombreuses vallées
se forment, certaines très évasées, d'autres plus profondes.
La forme des vallées dépend de la capacité
d'érosion des cours d'eau qui les creusent. Quant à l'érosivité d'un cours
d'eau, elle est fonction de la combinaison de plusieurs facteurs : la
nature des roches traversées, l'importance de la pente, l'altitude du
niveau de base (intermédiaire).
Ainsi le quartzite, le grès, le psammite,
l'arkose, le poudingue, le quartzophyllade sont des roches résistantes
à l'érosion alors que le schiste est très friable.
L'altitude du niveau de base considérée
au point de confluence est de 280 m aux Trous de Bra (Lienne) et de 180
m à Roche-à-Frêne (Aisne). La différence d'altitude de 200 mètres augmente
la capacité érosive des affluents de l'Aisne, ce qui explique l'encaissement
assez prononcé des vallées du nord de l'entité.
Deux bassins hydrographiques couvrent
l'entité: celui de l'Aisne et celui de la Lienne.
Les
principaux cours d'eau faisant partie du premier bassin coulent d'est
en ouest, coupent la structure géologique perpendiculairement. Par contre,
ceux appartenant au second bassin - celui de la Lienne - coulent du sud-ouest
au nord-est, creusant faiblement les roches relativement résistantes du
Salmien (phyllades et quartzophyllades). Ils suivent donc une orientation
parallèle à la structure géologique. L'absence de vigueur du relief conduit
à la formation d'un réseau hydrographique fort complexe et au maintien
d'une humidité importante dans le sol.
Habitat/sitologie.
L'habitat
du centre et du sud de l'entité se présente sous une forme assez groupée
bien que bon nombre de maisons soient non jointives.
Les villages se situent essentiellement
sur l'assise quartzophylladique du Salmien. Les têtes de vallées, les
milieux et les hauts de versants sont des positions choisies en priorité
par les premiers colonisateurs des lieux. Il en est ainsi à Dochamps,
Freyneux, La Fosse, Oster, Grandménil, Malempré, Odeigne. Quant à Manhay,
il occupe un site de col; le village de Vaux-Chavanne s'est développé
sur un replat en bas de versant. Au nord, les villages adoptent une structure
plus diversifiée, soit lâche avec une dispersion en hameaux (Harre Chêne-al'Pierre)
au nord-est là où l'assise géologique dominante est constituée par les
roches du Gedinien, soit étirée sous forme de hameaux au Nord-Ouest (Fays
- Saint-Antoine - Deux-Rys - Roche-à-Frêne) là où sont présentes les roches
du Siegenien et de l'Emsien. La structure allongée s'explique par la localisation
en site de col, de bas et de fond de vallée secondaire assez encaissée.
Bref, la position des divers villages
et hameaux n'est pas aléatoire : le cadre physique a fortement influencé
le semis de l'habitat : le modelé du relief et le tracé des vallées ont
orienté la distribution des villages. "Deux soucis majeurs ont guidé
le choix du site des noyaux d'habitat : la protection contre les vents
froids et l'approvisionnement en eau"5. Lorsque le choix s'est porté
pour un site de cours d'eau, les maisons se sont essentiellement localisées
dans les fonds de vallées mais à l'écart du lit mineur pour éviter les
inondations; dans le cas d'un site de tête de vallée, elles ont cherché
à se blottir dans les creux formés par la naissance des rivières pour
se protéger des vents froids.
Souvent, l'habitat adopte un plan allongé,
se développe parallèlement aux courbes de niveau. On parle d'habitat lié
au réseau routier parce que les maisons sont construites le long des différents
chemins mais il ne faut pas oublier que le réseau routier s'est constitué
en tenant compte du relief.
Grâce
à l'emploi de matériaux locaux, grès divers, quartzophyllades aux tons
bigarrés mais très doux, des villages traditionnels ardennais apportent
une touche colorée qui atténue quelque peu la rigueur de ce paysage, marqué
par la couleur sombre de la forêt résineuse.
Dans le Nord-Ouest de la commune, l'influence
faménienne se fait sentir: la forme des constructions (volume toit à croupettes)
et la technique employée : colombages remplis actuellement de briques
donnent un tout autre caractère aux villages.
Végétation.
La
forêt feuillue et résineuse occupe 60% du territoire communal : elle se
localise sur les hauts sommets et sur les fortes pentes, se développant
particulièrement sur les versants exposés au nord(ubac).
Ailleurs, l'affectation dominante est
la prairie, celle-ci est parfois encore enclose de haies vives. Çà et
là, bouquets d'arbres et bosquets parsèment un paysage peu accidenté qui
prend presque des allures de bocage breton (Manhay - La Fosse - Oster
- Malempré )
Les voies de communication.
Les
voies de communication, non hiérarchisées, rayonnent à partir du centre
du village vers la limite du finage, épousant merveilleusement le relief.
Même les routes nationales (régionales) suivent le relief : la N30 longe
la ligne de crête, séparant les bassins hydrographiques de l'Aisne et
de la Lienne.
L'autoroute E25 parcourt la commune suivant
l'axe nord-sud. Trois accès 48bis, 49 et 50 permettent aux habitants des
différents villages d'emprunter cette voie de communication rapide.
Manhay - Rapport d'inventaire - Évaluation
paysagère
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